Faut-il taxer l’usage des réseaux sociaux….en Afrique?

Faut-il taxer l’usage des réseaux sociaux….en Afrique?

La question est d’actualité dans de nombreux pays. Mais avant de répondre à cette question, qu’entend-on par «réseaux sociaux »?

Les OTT, over the top, sont des services d’opérateurs globaux qui utilisent des réseaux des opérateurs de télécommunications sans forcément leur payer une redevance et sans non plus payer des taxes locales.

Avec le déploiement massif de la 4G, les technologies et débit disponible, ont permis d’utiliser des solutions de communications longue distance, non facturées par les opérateurs.

A titre d’exemple, quand le consommateur africain utilise imo, whatsapp, viber ou Messenger, l’opérateur local ne gagne rien de plus que le débit facturé, mais il perd les appels vocaux vers le destinataire final.

Les licences de télécommunications vendues à prix d’or ont perdu de leur intérêt et les redevances à payer au trésor public sont devenues incompatibles avec les recettes des compagnies.

Mieux, les Google, Microsoft ou Tenxent ne reversent aucune redevance aux opérateurs pour l’utilisation de leurs infrastructures.

Faut-il alors taxer l’usage des OTT?

Dans la nouvelle économie quand un service est gratuit, sachez que l’usager est le produit.

Avec Facebook, whatsapp ou WeChat, les GAFAS et BATX en savent plus sur les utilisateurs que les services de renseignements des pays africains. Ils peuvent le géolocaliser, connaître tous ses contacts dans le monde, ses opinions politiques, sa religion et ses habitudes d’achat … et tant d’autres informations que nous n’imaginons même pas.

Ainsi quand la Chine décide de «prêter » plus de 50 milliards de dollars aux africains, elle dispose de suffisamment d’informations sur les habitudes de consommations et sur les mouvements commerciaux (mobile banking oblige) que les services de statistiques des pays africains. Elle peut le faire en connaissance de cause…

Alors disposer de tant de données a un prix.

Les États africains se doivent de rechercher la rentabilité de leurs investissements.

Taxer l’usage des réseaux est donc une question de survie, sauf à ce que les GAFAS ou BATX aillent construire en Afrique des réseaux dédiés. Dans ce cas, ils paieront une redevance à l’Etat.

Faut-il taxer l’usager?

Les arguments utilisés par tous les pays pour justifier cette taxation sont contre productifs.

En effet, dire qu’on développe l’économie numérique et en même temps, mettre des freins à l’usage du numérique est schizophrénique.

C’est pourquoi les États doivent se regrouper et exiger des GAFAS et des BATX le paiement de redevance au trésor public pour compenser le manque à gagner, facilement chiffrable, dû par les opérateurs locaux.

A défaut, et ils n’y ont aucun intérêt, il faut interdire ou réduire l’accès à ces réseaux… Ce qui même si c’était techniquement envisageable, est politiquement explosif….

Beaucoup de pays ont choisi la taxation de l’usager entre la peste de l’interdiction et le choléra de la taxation. L’idéal aurait été d’affronter les prédateurs en exigeant qu’ils contribuent au développement des pays africains… en payant des taxes locales.

L’avenir nous dira s’ils ont eu raison…

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